La Musique selon Hus


JOUR  33

brin nostalgique ? ça va s’arranger : un petit coup de Fado, mélancolique, certes, mais splendide !

Pas la peine de le rappeler, le Fado, c’est LE chant populaire du Portugal, né à Lisbonne au milieu du XIXe siècle

Le Fado, musique intime, vient du latin « fatum (destin),

Une version musicale de la « Saudade », mélange de chants de marins portugais et de musiques du Brésil, le lumdum et la modhina.

La Saudade (que chantait aussi Cesaria Evora, mais ça c’est la musique du Cap Vert) c’est la mélancolie typique du peuple portugais.

De quoi ça parle ?

Du passé, de la nostalgie, l’exil des marins, la misère, les amours déçus, la patrie…

Chanter du Fado c’était aussi manifester sa liberté

La preuve : les gouvernements fascistes l’ont interdit, sauf… si les textes étaient au préalable censurés et autorisés par l’état, ce qui a ôté l’un des paramètres du Fado : l’improvisation

Et ça a duré jusqu’à la révolution des œillets en 1974

 

Alors bien sûr on connait sa représentante la plus emblématique : Amalia Rodrigues, la première à chanter avec un orchestre, et utiliser les poètes portugais.

Elle l’a popularisé à l’extérieur du Portugal, dans des versions d’ailleurs parfois chantées dans d’autres langues.

Que celui qui n’a jamais entendu « Solidão » chanté par elle, ou reprise par d’autres françaises sorte tout de suite de la salle !

Allez, je vous laisse deux autres chances : Fado Português & Uma casa portuguesa


Comme vous venez de l’entendre, le Fado peut être d’une profonde tristesse, mais il peut être aussi très joyeux et entrainant, où l’accompagnement joue un très grand rôle. C’est comme certains musiques de compositeurs classiques qui jouent sur des notes mineures des rythmes gais, pour provoquer ce mélange de joie et de tristesse

 

Ça tombe bien : voilà une chanteuse qui a su renouveler le Fado, tout en conservant son authenticité et en mêlant tradition et modernité : Mariza

Je l’ai découverte à ses débuts, en 2005, et je la trouve absolument formidable

Une petite preuve ?  Fado Português De Nós

Plus tristouille, mais quelle émotion ! …Há Uma Música Do Povo

Quand je disais que l’accompagnement y fait pour beaucoup…

Le fado traditionnel se joue avec minimum deux guitares « classiques », telle que nous les connaissons et qu’on appelle en portugais « viola » , et deux guitares portugaises à douze cordes, en forme de mandoline, les «guitarra »

 

Aujourd’hui le fado s’accorde un brin de renouveau grâce à d’autres nouveaux talents

Et hop, trois chanteuses d’un coup :

Carolina Segue « O Teu Rumo »

Catarina Rocha dans « Eu Já Não Sei »

Ana Moura : « Moura Encantada »

Tout ça c’était le Fado de Lisbonne. Et au cas où ça vous aurait échappé, il est chanté par des … femmes !

 

Ha parce qu’il y en a un autre ?

Ben oui, justement et c’est là la ruse : le Fado de Coimbra

Et là les amis, on bascule dans plus de joie et de fantaisie, mais c’est un autre genre, chanté seulement par des hommes, souvent des étudiants de l’université, tous habillés de l'habit traditionnel noir

La tradition veut que l’on pratique ce chant le soir, à l’extérieur comme les sérénades, d’antan sous les fenêtres de sa belle

Avec une petite dernière

Bon, pour conclure, perso, je préfère de loin le Fado de Lisbonne, plus subtil dans ses mélodies.

Soit dit en passant, il est classé au Patrimoine culturel immatériel de l'humanité par l'Unesco

 

Bonus

D’accord c’est un bonus super subjectif, mais voilà de quoi terminer sur une note gaie et entrainante par la toujours talentueuse 

Maria Lisboa

Alors…  heureux(ses) et joyeux(ses) ?